LES SERPENTS

MARIE NDIAYE / JACQUES VINCEY

CRÉATION

29 SEPTEMBRE > 9 OCTOBRE 2020 AU THÉÂTRE OLYMPIA

Madame Diss a deux belles-filles, France et Nancy.
Madame Diss n’a pas fait la route jusqu’à la maison de son fils, perdue dans les maïs, pour le feu d’artifice du 14 Juillet, mais pour tenter de lui emprunter de l’argent.
Le fils de Madame Diss n’a aucune intention de sortir de la maison, aucune intention non plus de lui permettre d’y pénétrer. Seules France et Nancy ont le droit d’entrer et de sortir, quoique un nombre limité de fois. Car le fils de Madame Diss, tapi dans la cuisine et veillant férocement sur les enfants, est à l’affût de la moindre faiblesse.

NOTE D’INTENTION

 

LES SERPENTS, PIÈCE FANTASTIQUE

Les Serpents m’ont mordu au coeur.

Les mots de Marie NDiaye sont un venin qui distille insidieusement des images, des odeurs, des sons… Les champs de maïs, la chaleur oppressante, la soif : des sensations concrètes, triviales parfois, qui suintent jusqu’à excéder la réalité et s’infiltrer dans les recoins les plus secrets de l’inconscient. Le fantastique affleure alors en filigrane, avec ses ombres et ses gouffres.

La pièce tient autant du faits divers sordide que du conte mythologique. Trois femmes sur le seuil d’une maison, un jour de 14 juillet. A l’intérieur, un homme (fils, mari, ex-mari) et ses deux enfants. Entre la mère et ses belles-filles apparaît progressivement l’ombre du petit Jacky, l’enfant mort enfermé par son père dans une cage avec des serpents derrière la maison.

 

Si Les Serpents était un film, on parlerait de thriller psychologique, ou de comédie satirique ou encore de conte fantastique. On saluerait l’importance du hors-champ, la qualité du suspense qui se distille progressivement depuis le ventre de cette maison dont on ne perçoit que des sons et des éclats de voix. On invoquerait Hitchcock, Scola ou Lynch.
Marie NDiaye écrit une pièce dans laquelle les différents genres se télescopent, se superposent et s’entrelacent pour nourrir une atmosphère rare de reconnaissance et d’étrangeté. Ces trois femmes nous sont familières : Mme Diss, France et Nancy oscillent entre peur et nécessité du lien, dépendance affective et affranchissement, désir de liberté et culpabilité de l’abandon. Elles sont réunies autour d’une absence, d’un creux, d’un vide : cet homme tapi au coeur de la maison contamine sournoisement leurs relations et ravive les blessures primordiales, les pulsions archaïques, les terreurs enfantines. Il est l’ogre, le vampire qui se nourrit et se régénère en dévorant ses enfants. Il est le démon qu’il faut affronter pour pouvoir s’en affranchir. Le fantôme de Jacky, l’ange sacrifié, rôde et obsède les
protagonistes de cette tragédie contemporaine qui plonge ses racines dans les strates souterraines de notre imaginaire mythologique et biblique. Peu à peu, les
bornes du réel reculent pour laisser place à l’insondable et au mystère. Rédemption, transfiguration, transmutation : France endossera l’identité de Nancy tandis que Nancy pénètrera dans la maison pour occuper la place de France. Seule Mme Diss restera sur le seuil, telle Cerbère le gardien des Enfers.

 

La puissance de l’écriture de Marie NDiaye est à la mesure de sa délicatesse : rien ne laisse soupçonner ces glissements d’un niveau de réalité à un autre. Elle ne
nomme pas, n’impose rien. Elle laisse simplement percevoir la coexistence de différents seuils de perception. Mais sous cette simplicité, une solide architecture
soutient une langue précise, musicale. La pensée hoquète, bégaie parfois laissant deviner des failles profondes dans l’identité des personnages. La psychologie compte moins que le flux et reflux des âmes et des corps. Comme dans ses romans, Marie NDiaye flirte avec l’inexplicable. Dans cette pièce, elle crée un champ
magnétique dans lequel les vibrations de l’espace, de la lumière et du son provoquent des variations sensorielles qui ne peuvent s’épanouir pleinement que dans la promiscuité physique d’acteurs et de spectateurs.

Les Serpents est une pièce pour trois actrices.
J’ai réuni Hélène Alexandridis, Bénédicte Cerutti et Tiphaine Raffier pour leur talent et leur complémentarité. Trois femmes puissantes* qui infuseront leurs sensibilités particulières dans leurs personnages respectifs. Trois interprètes qui ont le goût de la langue et savent porter haut le verbe et la pensée. Un trio d’exception pour donner chair à cette partition virtuose.
Après Mme de Sade, Les Bonnes et UND, je me réjouis de réunir à nouveau un plateau féminin pour exalter toute la force et la virulence des Serpents.

 

Jacques VINCEY – Mars 2019

* Trois femmes puissantes roman de Marie NDiaye, prix Goncourt 2009.

TOURNÉE (EN COURS)

Théâtre de la Cité - Toulouse : 13 > 16 octobre 2020

Comédie de Béthune : 4 > 6 novembre 2020

Centre dramatique national Besançon Franche-Comté : 17 > 19 novembre 2020

Théâtre National de Strasbourg : 25 novembre > 5 décembre 2020

Théâtre du Rond-Point - Paris : 2 > 26 février

 

DISPONIBILITÉS

NOUS CONSULTER

DÉCEMBRE 2020

JANVIER 2021 - MARS 2021 

 

 

CONTACT PRODUCTION

Théâtre Olympia
Floriane Dané directrice des productions
florianedane@cdntours.fr

production et coproduction

production Centre dramatique national de Tours – Théâtre Olympia
coproduction Théâtre National de Strasbourg

texte Marie NDiaye
mise en scène Jacques Vincey

 

scénographie Mathieu Lorry-Dupuy
lumières Marie-Christine Soma
son Alexandre Meyer

costumes Olga Karkinsky

perruques et maquillage Cécilé Kretschmar

 

 

avec
Hélène Alexandridis Mme DISS
Bénédicte Cerutti Nancy
Tiphaine Raffier France

 

 

Les Serpents est publié aux Éditions de Minuit.