Monuments Hystériques

VANASAY KHAMPHOMMALA

ARTISTE ASSOCIÉ

CRÉATION PRINTEMPS 2020

 

Durée prévisionnelle : 50 minutes

« Faire du théâtre, c’est dresser un monument à l’éphémère. » Ariane Mnouchkine

 

Au milieu de l’espace, un piédestal vide.
En moins d’une heure, cinq personnes vont devoir, sous les yeux du public, y créer et inaugurer un monument qui immortalise le lieu et le moment de la représentation.

Mais si un monument, comme le suggère l’étymologie, représente « ce dont il faut se souvenir », que faut-il représenter ? Comment ? Quelles histoires, petites et grandes, faut-il raconter ?

Alors que d’étranges phénomènes font leur apparition et que la mémoire des lieux commence à hanter la représentation, les tensions montent entre les interprètes, dont la mémoire se dérobe et les corps se mettent à dysfonctionner. Petit à petit, l’approche documentaire et rationnelle bascule dans la fiction et l’hystérie.
Parviendront-ils à se mettre d’accord pour raconter une même histoire et faire oeuvre commune ?

 

Est-ce nous qui nous approprions les espaces ? Ou eux qui cherchent à nous posséder ?

NOTE D’INTENTION

 

QU’EST-CE QU’UN LIEU ?

Un lieu est un espace où quelque chose a lieu. C’est cette relation entre un espace et une histoire, petite ou grande, que Monuments hystériques se propose d’explorer. À mi-chemin du théâtre et de la performance, du documentaire et de la fiction, de l’essai et du récit, Monuments hystériques examine la manière dont nous organisons les espaces, en réponse à la manière dont, à l’inverse, ceux-ci sculptent nos imaginaires. Mêlant diverses approches (historiques, sociologiques, anthropologiques, plastiques), le spectacle explore nos stratégies à la fois collectives et individuelles pour marquer les espaces, nous y repérer, nous les approprier.

De quelle manière le lieu où vous vous trouvez influence-t-il votre état ?

Qui est la dernière personne qui s’est tenue exactement à l’endroit où vous vous trouvez en ce moment ? Pouvez-vous encore sentir sa présence ?

Monuments hystériques part de l’hypothèse qu’un lieu transmet sa mémoire à celles et ceux qui savent les écouter, et qu’à l’inverse, nous imprimons dans les espaces les histoires dont nous sommes détenteurs. C’est ce phénomène de transfert, d’hystérie au sens premier du terme, que le spectacle donne à voir, en montrant de quelle manière, sous l’influence d’un espace, la mécanique théâtrale se voit bientôt bousculée par l’irruption de récits inattendus.

 

DÉHIÉRARCHISER LES ESPACES

Certains lieux, plus que d’autres, ont accumulé les histoires, individuelles et collectives : ils ont acquis le statut, souvent prestigieux, de monuments.

Mais à la marge des cartographies officielles, nos intimités tracent des géographies plus secrètes : telle pièce, où nous avons respiré pour la première fois telle odeur ; tel banc, où nous nous sommes assis pour la dernière fois à côté de telle personne…

À rebours d’une pensée hiérarchique des espaces, Monuments hystériques interroge nos idées reçues sur la notion de patrimoine. Conçu pour l’itinérance, le projet se pose aussi dans des espaces parfois moins considérés — ensembles urbains, établissements scolaires, équipements municipaux. Pour être moins prestigieux, ces lieux n’en proposent pas moins des histoires qui valent d’être racontées en ce qu’elles témoignent de notre irrésistible besoin de nous unir à des espaces au moyen de fictions.

 

INVENTER UN THÉÂTRE DE L’INSTANT

Monuments hystériques relève pour partie d’une forme écrite et fixe, et pour partie d’une forme improvisée, conçue en fonction des espaces dans lesquels le projet est présenté. En cela, le projet poursuit ma recherche entamée avec Vénus et Adonis et L’Invocation à la muse d’un théâtre de l’instant, inventé en réponse à la configuration toujours unique d’une représentation. Dans le prolongement des performances que j’ai créées dans un cadre universitaire ou des visites guindées que j’ai présentées aux Musées des Beaux-Arts de Toulon et Tours, Monuments hystériques creusera ma recherche sur le jeu comme performance, sollicitant toutes les compétences, notamment musicales et chorégraphiques, des interprètes. Je travaillerai ici au plus proche des spécificités et des désirs des comédien ·ne·s de l’ensemble artistique du CDN de Tours, que je me réjouis de retrouver après la création de Vénus et Adonis en 2015. Nous écrirons ensemble des personnages et des partitions sur mesure. Ce travail centré sur les interprètes cherchera à développer au maximum leur porosité et leur capacité de réaction à un contexte donné de représentation. Le travail sur le jeu se doublera d’une recherche technique dont la principale caractéristique sera la légèreté : penser une logistique théâtrale qui soit aussi une logique de préservation des espaces, aussi peu invasive que possible, qui mette d’abord en avant les lieux tels qu’ils sont. Principalement basée sur le son, propre à soutenir le travail de jeu avec sobriété, le travail technique cherchera à mettre en valeur les points de jonction, voire de fusion, entre les espaces et les interprètes.

 

DIALOGUER AVEC LES LIEUX

Pour permettre à chaque performance d’être au plus proche de l’espace dans lequel elle est donnée, celle-ci donnera lieu en amont à un bref travail de recherche documentaire, qui sera l’occasion d’un dialogue entre l’équipe artistique et les usagers du lieu accueillant le spectacle. Au-delà de l’enjeu théâtral et documentaire, ce protocole cherche à favoriser les échanges humains qui permettent à la représentation non pas seulement de se tenir dans un espace, mais de véritablement avoir lieu.

 

Vanasay Khamphommala

production et coproduction

Coproduction Compagnie Lapsus chevelü et Centre dramatique national de Tours
Avec la participation du dispositif Jeune Théâtre en Région Centre-Val de Loire

Avec le soutien de la Ville de Tours / LABEL RAYONS FRAIS création + diffusion 

un spectacle de Vanasay Khamphommala

dramaturgie et textes Vanasay Khamphommala

 

avec les comédien·ne·s et technicien·nes de l’ensemble artistique du Théâtre Olympia – Centre dramatique national de Tours
collaboration artistique Delphine Meilland

création régie par les techniciens du Jeune Théâtre en Région Centre-Val de Loire Simon d’Anselme de Puisaye et Tom Desnos

 

avec
Thomas Christin
Garance Degos
Hugo Kuchel
Tamara Lipszyc
Diane Pasquet