Monthly Archives: mai 2020

PAROLES DE SPECTATEURS

Nous souhaitons donner la parole aux spectateurs. 
Nous leur avons demandé de nous raconter leur amour du théâtre, leur première fois, leurs souvenirs, leurs émotions…

J’AIME LE THÉÂTRE PAR JEAN-MARIE LARDEAU

Allez, disons 14 ans
Peut-être. Allez donc savoir 65 ans plus tard !
Disons quand même 14 ans, il faut bien commencer par quelque chose.
Donc 14 ans.
Un professeur de français, Monsieur B. grosses lunettes et grand cœur qui donne le goût de la lecture.
Le théâtre alors, pour moi, c’est le livre, le petit classique que je viens régulièrement acheter dans la grande librairie arcachonnaise, avenue Gambetta, et que je choisis un peu au hasard, n’osant solliciter Monsieur B pour des conseils personnalisés..
Des critères de choix assez particuliers. La couverture couleur grise et rouge des éditions Hatier, si ma mémoire est bonne, plus attirante que la couverture violette des éditions Larousse, si ma mémoire ne me trompe pas.
Et c’est parti pour la lecture de Molière, Racine, Corneille, Musset, Vigny – parmi tous ces livres, je revois, qui me dira pourquoi, Chatterton, couverture grise et rouge.
Je ne l’ai pas relu depuis. Aucun souvenir.
Quand j’entre dans une salle de spectacle, c’est plutôt pour la musique. Toute une bande de lycéens prenant le bus pour aller aux concerts des Jeunesses Musicales de France à Bordeaux. Comme est belle la musique, Et comme est belle l’étudiante blonde que j’y admire à chaque séance et qui fait rêver, de loin, l’ado timide que je suis. 
Pas de théâtre vivant si ce n’est quelques matinées classiques dont je n’ai pas gardé un souvenir inoubliable. Un seul souvenir inoublié : Un La Flèche jouant en boîtant ce « chien de boîteux là ».. Ah, c’est donc ça…

18 ans
Etudiant à Bordeaux.
Je prends rapidement des responsabilités dans une association étudiante. Cela m’amène à prendre la parole devant des publics nombreux. Je fais un stage de formation dirigé par un comédien pour essayer de mieux maîtriser. Je trouve ça très intéressant. C’est sans doute mon premier rapport au théâtre.
Le premier spectacle de ma vie étudiante ? Bien longtemps après. Le Cavalier seul d’Audiberti. Marcel Maréchal. On peut trouver pire pour commencer une longue carrière de spectateur de théâtre. Qui m’y a fait venir ? Probablement un ami étudiant. J’ai bien aimé. Mais la révélation doit encore attendre.
A cette occasion, ou à une autre, allez savoir, nous allons voir mon ami Pierre et moi un metteur en scène qui vient d’arriver à Bordeaux. Il nous regarde, nous dit être un spécialiste de la physiognomonie, me dit : Vous, vous ne ferez jamais de théâtre. Vous aurez trop peur d’être ridicule ». Il se tourne vers Pierre :  » Vous, en revanche, vous êtes fait pour faire du théâtre ». Pierre est devenu directeur commercial d’un grand groupe pharmaceutique. 

Plus tard
Fin de mes études de chimie. CAPES de sciences physiques. Un an d’enseignement à Versailles .
Puis service non-militaire dans l’enseignement à Yaoundé. Un peu d’attention SPV, c’est là que se noue l’intrigue.
Je croise, entre un cours et un match de volley, un coopérant animateur au service culturel de l’Ambassade de France. Me regarde. M’aborde. 
– Vous faites du théâtre ?   
– Dame non, mon bon Monsieur.
– Je monte En attendant Godot. Personne pour jouer Lucky, vous avez le physique. 
– Pourquoi pas, je veux bien essayer.
Je n’ai alors pas lu Beckett. Mais mon professeur de philo – flash-back vers Arcachon – nous avait beaucoup parlé de l’attente de God-ot qui ne vient jamais.
Long, très long travail de mémorisation du monologue. Répétitions. Première – et seule représentation. Estragon – le metteur en scène lui même – me coupe au milieu du monologue. Trop long, Beckett. Fâché Lardeau. Parce qu’il l’avait bossé, son texte. Essayez pour voir… ici

L’année suivante. Nouveau coopérant culturel, celui-là vous le connaissez peut-être. Jean-Claude Amyl. Deux créations Les merveilleux nuages (Baudelaire, vous l’aurez deviné !) et Les Méfaits du tabac.
« A travers ces lèvres nouvelles,plus éclatantes et plus belles, t’infuser mon venin, ma sœur ! » dis-je à un moment  avec un regard appuyé vers le 5ème rang côté cour (précision non garantie). Fin du spectacle. Salut. La lumière se rallume. Au 5ème rang, côté cour les élèves du Collège de la Retraite rassemblés autour de Sœur Marie de l’Incarnation (le nom a, peut-être, été changé) qui n’a pas l’air de vraiment m’en vouloir de cette apostrophe malheureuse.

Léa Toto ne m’a accordé qu’un recto-verso. Pas grave, l’essentiel est déjà joué.

Retour en France. Quelques spectacles qui achèvent de faire basculer ma vie : 1789, La Dispute de Marivaux-Chéreau, Le Regard du Sourd et tant d’autres.
Les années d’animation d’un club-théâtre au Lycée Grandmont.
L’engagement militant aux côtés d’André Cellier lors de son conflit avec la Mairie de Tours.
Le club-théâtre devient Atelier-théâtre. Partenariat avec le Théâtre de l’Ante.
Le basculement de l’Atelier vers l’option A3. Partenariat avec  le Théâtre de l’Ante puis le CDRT.
Des dizaines de spectacles d’élèves. Et nous amenons nos élèves  voir une dizaine de spectacles par an, à Tours, à Paris… On compte nos élèves : 1, 2, 3, 4…..5 ,6….7, 8, 9… 10, 11, 12, 13…..14…       15. Il en manque un… Qui est-ce qui manque ? Ah, c’est Patrick, bien sûr ! toujours en retard*… 
* Le prénom a été changé, et la réalité embellie. Il n’y avait que rarement un seul retardataire.

Et quand nous n’amenons pas nos élèves, la découverte, avec Anne-Marie (pour ceux qui ne me connaissent pas, c’est la femme de ma vie), des spectacles créés ou invités par notre CDRT pas encore CDNT. Là, permettez-moi de ne citer aucun spectacle en particulier, ce serait injuste pour tant d’autres.

Des années de pur bonheur de spectateur et de pédagogue.

La retraite. La création de ma compagnie Le Théâtre du Nuage distrait.
Des ateliers de formation, des créations, un engagement passionné avec le Printemps des Poètes.
Mais ceci est un autre histoire et ce papier n’est ni un CV ni une promotion du Nuage distrait.

Et toujours l’addiction pour ce que propose l’Olympia (Nouvel O ou Théâtre O…). Merci à eux…
Là encore, permettez-moi de ne citer aucun spectacle en particulier, ce serait injuste pour tant d’autres.

Léa, tu es frustrante avec ton recto-verso… Tellement de choses à dire…

Par exemple sur l’extraordinaire bonheur d’éveiller chez jeunes filles et jeunes gens la passion du théâtre qui fait briller les yeux.

Mais il est vrai que là, ce n’est pas un recto-verso qu’il me faudrait , c’est une ramette entière de papier, du temps et l’énergie de m’attaquer à ce « vide papier que la blancheur défend ».

VIE DU T°

L’ATTACHEMENT – 9
LES CRÉATIONS

Depuis 15 ans, je fais des photos au Théâtre Olympia.
J’ai développé un attachement pour ce lieu que je vais tenter de vous raconter.

Marie Pétry

Photographe professionnelle spécialisée dans les photos de théâtre et de danse, Marie Pétry travaille régulièrement avec de nombreuses structures culturelles tourangelles.
Visiter son site

CAPTATION

UND

de Howard Barker
texte français de Vanasay Khamphommala
mise en scène Jacques Vincey

Une femme attend un homme. L’homme est en retard. Alors elle parle, tandis que l’homme (si c’est bien lui) s’approche. Entre duo d’amour et duel à mort, une étrange partie s’engage : pour l’un d’eux, cette rencontre sera fatale.
Sous un immense lustre de glace qui s’écoule et s’effondre au fur et à mesure de la représentation, Natalie Dessay prête à l’héroïne de Barker sa présence brute, sa musicalité unique, son intense vitalité, accompagnée au plateau par Alexandre Meyer, musicien complice et insaisissable.
Dans un écrin de sons, de glace et de lumière, ils dessinent ensemble, derrière l’histoire de Und, une histoire de l’humanité : sa lutte désespérée contre l’anéantissement, traversée de grandeur, de traumatismes et de barbarie.

avec Natalie Dessay et Alexandre Meyer

Création du spectacle en mai 2015 au T°
captation – réalisation – montage Jean-Christophe Ségard

Plus d’infos sur le spectacle ici

#DRAMARÊVE 4

Vous nous envoyez des rêves, les comédien.ne.s du T° en font des films !
Pour participer à cette expérience : envoyez un message privé sur l’Insta du T° (ici) en commençant par la mention #dramareve et racontez-nous l’un de vos rêves.

Ecrit par Hugo Kuchel, avec Thomas Christin et Joséphine Palmieri.

Et voici le rêve à l’origine de ce DRAMAREVE :

Je viens de me réveiller alors je l’envoie tant qu’il m’en reste des bribes : j’ai rêvé que je devais faire changer les cordes de mon violon, seulement les deux cordes spéciales. En fait ces deux cordes sont particulières car elles ont en elles-mêmes plusieurs cordes, (à peu près 4 et ça ressemblait à des ficelles de laine! Haha) et ces 4 cordes qui n’en forment qu’une sont toutes reliées à une sorte de ventouses qu’on m’incruste derrière le crâne. 
Ainsi cela faisait donc des années que mon crâne était relié à ce violon car dans mon rêve c’est la première fois que je change ces cordes-là. Et je dis pour la première fois, peut-être que ce n’est pas bon pour moi ces ventouses en cuivre dans mon crâne, en plus ça veut dire que je suis prisonnière car reliée pour toujours au violon!! Je décide de les enlever et de ne plus les remettre. Seulement là je vais devoir le faire clandestinement, sinon je vais me faire prendre. 
Du coup, je suis dans une sorte d’hospice pendant la deuxième guerre mondiale avec des nonnes habillées en blanc avec leurs grands chapeaux de nonnes. Et on va se faire bombarder si on ne me retrouve pas. Voilà. 
Il y a des courses poursuites 
Des ralentis aussi. Et c’est la fin du rêve ! 

#DRAMARÊVE 3

Vous nous envoyez des rêves, les comédien.ne.s du T° en font des films !
Pour participer à cette expérience : envoyez un message privé sur l’Insta du T° (ici) en commençant par la mention #dramareve et racontez-nous l’un de vos rêves.

Ecrit par Hugo Kuchel, avec Diane Pasquet et Valentin Pedler.

Et voici le rêve à l’origine de ce DRAMAREVE :

NUIT TRISTE, 02.04—>03.04
LA GROSSE DAME QUE L’ON A JETé PAR LA FENÊTRE.
J’éTAIS éSSOUFLéE DE BASE.
IL Y AVAIT PEGGY ET JEAN-CHARLES, DONC JE NE VOULAIS PAS ALLER PAR Là MAIS ILS M’ONT VUE EN PREMIER. COMME JE LES AIME BEAUCOUP, AU FINAL C’éTAIT PAS SI PéNIBLE.
HABILLéE EN GRIS?
LA GROSSE DAME QUE L’ON A___ SEMBLAIT TOUTE PETITE.
MAIS ELLE EN HAUT DéJà RAIDE QUAND ON L’A JETé à LA VERTICALE, JE NE SAIS PAS POURQUOI MAIS çA ME PARRAISSAIT ENCORE PLUS HORRIBLE QUE SI ON L’AVAIT LÂCHéE à L’HORIZONTALE (MÊME SI JE PENSE QUE çA AURAIT FAIT LE MÊME BRUIT)
PASSER DE DEBOUT (FENÊTRE) à ALLONGéE (SOL) NE S’EST PAS FAIT DEVANT MES YEUX MAIS DANS UNE SORTE DE CONSTRUCTION MENTALE DE TETRIS COMICO-ANGOISSANTE.
L’IMPACT, AU SOL PAVé, à GAUCHE DE LATERRASSE Où ILS (J-C. ET P.) BUVAIENT UN CAFé, LA GROSSE DAME ENTIèRE MAIS éCLATéE PAR TERRE, LE SANG N’A GICLé QUE SUR MOI, VITE BEAUCOUP DE GENS (MAIS PAS CEUX QUI BOIVENT LEUR CAFé, VU QU’ILS FONT DéJà QUELQUE CHOSE (BOIRE LEUR CAFé)) AUTOUR DE çA MA
NE VOIENT PAS SES GLOBES RéVULSéS, CAR ILS N’ONT PAS D’YEUX. ILS ONT DES LANGUES MAIS TROUPEAU D’ORBITES VIDES NE PARLE PAS.
IL FAIT JOUR / CLAIR / BISTROT CHARMANT / PARE-SOLEIL RAYé BLEU-BLANC, LES URGENCES ONT éTé APPELéES AVANT QU’ELLE TOMBE, M’A PARRUT NORM AL. CE QUI éTAIT LOUCHE, C’EST QUAND QUELQU’UN QUI RESSEMBLAIT UN PEU à MA MèRE MAIS EN GRASSE (DONC D’UNE CORPULENCE PLUTÔT FINE CAR MA MèRE EST MAIGREMAIGRE) VINT NOUS SIGNALER QU’IL FALLAIT ANNULER L’URGENCE, PUIS QUI UNE FOIS CHOSE FAITE SE SCANDALISA ET PESTA CONTRE L’INCAPACITé DE LA SéCU à PRENDRE EN CHARGE LES FRAIS D’AMBULANCE. 
PENDANT CE TEMPS J’éTAIS DANS LES CAVES / TRAMPOLINES DE LA POLICE AUX MURS JAUNE PISSE.
MAIS
ON L’A JETéE A LA VERTICALE?
C’EST PIRE?
04H00 TOUT PILE.
JE ME RéVEILLE UN PEU PERDUE CE MATIN,
ASSOIFFéE – DéSHYDRATéE – BESOIN D’UN CAFé – N’OSE PAS ME LEVER CAR PEUR QU’ON ME JETE PAR LA FENÊTRE MOI AUSSI DANS UN BRUIT D’OS QUI CRAQUENT où D’ORGANES QUI S’éTENDENT, PEUR DE GICLER SUR QUELQUN?

#DRAMARÊVE 2

En ces temps de confinement, nous souhaitons vous offrir une dose de théâtre jusque chez vous… et vous serez l’auteur de ce « spectacle » !
Et si nous utilisions vos promenades sur oreiller pour créer de petits objets théâtraux…
Pour participer à cette expérience : envoyez un message privé sur l’Insta du T° (ici) en commençant par la mention #dramareve et racontez-nous l’un de vos rêves.
À partir des récits envoyés, nous allons écrire, jouer et filmer de courtes scènes.

Les comédien.ne.s du T°

Écrit par Hugo Kuchel, avec Tamara Llipszyc et Hugo Kuchel

Et voici le rêve à l’origine de ce DRAMAREVE :
J’étais à une méga fête en pleine journée ensoleillée, dans un immense jardin à l’abri de grands chênes projetant les ombres de leurs feuilles sur le sol. À cette fête, il y avait genre tous les gens que j’ai rencontré ou croisé au collège et au lycée. 
Et une meuf était suspendue sur mon dos comme un sac à patate. On voulait aller faire une sieste tous les deux, mais avant je voulais repasser par la cuisine.
Sur le chemin, c’est comme si on marchait à contre-courant dans une ambiance festive. Un peu comme si tout le monde allait aux concerts du festival Terre du Son et nous on rentrait au camping. D’ailleurs cette ambiance, les tenues d’été, les traits de maquillage fluo sur les joues, les lunettes de soleil, les garçons torses nus, les filles en soutif, ça faisait très festival.
Je vais donc dans la cuisine et je comprends enfin que la meuf qui est sur mon dos est Adélie. Dans la cuisine, je bois de l’oasis devant le frigo ouvert. Il reste de la tarte à la framboise intacte sur la table. Quand j’en propose à Adélie, elle ne répond pas. Je m’inquiète. Enfin, elle me dit « attends mais bien sûr mec ! ». Je découpe donc la tarte en 4 (puis 2 des 4 parts en deux plus petites parts) et, en sortant, je prends des jeux de société . Adélie est toujours suspendue sur mon dos. Je sors par la porte fenêtre de la cuisine, à l’arrière, parce que je vois que dans le deuxième jardin il n’y a que 2 personnes — sûrement des filles que j’ai rencontrées en tournage — qui font la sieste au soleil. Et surtout, il y a un transat libre. On sort, je pose Adélie dessus. J’ai le dos tout tordu. On fait la sieste en cuillère — je suis la petite — en se serrant très très fort dans nos bras.

PAROLES DE SPECTATEURS

Nous souhaitons donner la parole aux spectateurs. 
Nous leur avons demandé de nous raconter leur amour du théâtre, leur première fois, leurs souvenirs, leurs émotions…

comment je suis venu au théâtre, ou le journal d’un comédien amateur par Philippe Carré

Mon rapport au théâtre ? Quand je regarde en arrière, et la période actuelle y est propice, mon premier souvenir d’être monté sur les planches date d’il y a plus de 65 ans, quand petit enfant  j’avais participé à un stage d’animation pendant des vacances à La Bourboule ; il en reste une vieille photo noir et blanc où j’apparais sur scène en culotte bouffante ! 

D’où est venu mon goût de « monter sur scène » ? Petit à petit depuis mon enfance, porté par les étapes de la vie, et peut-être par une quête enfouie quelque part. 

A l’âge de 10 ans, je suis parti en pension et j’ai très vite participé à l’atelier théâtre du collège de garçons (aujourd’hui il est mixte) où j’étais scolarisé, et mon vrai premier rôle à l’âge de 12-13 ans a été celui d’Armande dans Les Femmes Savantes ! J’ai continué à participer à « l’équipe théâtre » jusqu’en terminale en 1968, où l’on avait monté une version de l’ Antigone de Sophocle. 

Puis le cursus universitaire m’a éloigné du jeu pendant de longues années. Au cours de mes études à Paris, j’allais traîner de temps à autre comme spectateur dans les petites salles du Quartier Latin. Arrivé à Tours au début des années 80, j’ai été accaparé par mon activité professionnelle, mais l’image des planches continuait à me tarauder ; j’ai cherché un atelier de théâtre, et ce fût finalement au Barroco à Saint-Pierre des Corps que je remis le pied à l’étrier, sous la conduite d’Hubert Chevalier, avant d’intégrer quelques années après la troupe amateur des « Amis de Coucou La Fourmi », créée par Michel-Jean Robin dont j’ai tant appris, et qui nous a quittés au début de cette année. J’en fais toujours partie. 

J’ai aussi participé au fil du temps à d’autres projets, sous la conduite notamment de Pierre Trinson, ou de Jean-Marie Lardeau. Avec Pierre Trinson, nous avons joué la pièce qu’il avait écrite et créée sur La Commune de Paris (Le Communard, la Pétroleuse et le Versaillais) dans différentes salles, et notamment au Carré Davidson dans le vieux Tours, et j’étais avec émotion sur la scène de cette salle mythique pour la dernière représentation théâtrale qui y a eu lieu en 1987 avant sa fermeture!

Avec les « Amis de Coucou La Fourmi », j’ai travaillé sous la houlette de metteurs en scène confirmés : Michel-Jean Robin bien sûr, Dominique Babouin, Abel Pires, Pierrick Bonneau, et avec des comédien(ne)s talentueux(ses) ; certains,  comme Pierre Créchet, avaient été formés ou étaient proches de Jean-Laurent Cochet, ce maître qui vient aussi de nous quitter il y a quelques jours. J’ai eu la chance de jouer avec la troupe, en tant que comédien amateur, de nombreuses pièces au cours de toutes ces années : Monsieur Lovestar et son voisin de palier et Les Nonnes d’Eduardo Manet, Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès, Antigone d’ Anouilh, Des manteaux avec personne dedans de Jean-Pierre Cannet, Tue-le ! de Ludovic Janvier , Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor, Zoo Story d’Edward Albee, Le bourreau et d’autres écrits de René de Obaldia, Le neveu de Rameau de Denis Diderot (la dernière mise en scène de M-J Robin). Et en co-production avec la compagnie Bois Ton Thé en 2019 : Comédie sur un quai de gare de Samuel  Benchetrit, et  Soutine, Champigny-sur-Veude, 1943, une création de Catherine Gomez-Crouvizier. Du théâtre exigeant donc, d’auteurs souvent contemporains. M-J Robin, qui avait longtemps joué en tant que comédien professionnel, aimait à dire : « il n’y a pas de théâtre professionnel, il n’y a pas de théâtre amateur, il y a théâtre ou pas ».

Et le Centre dramatique national de Tours ? J’ai bien sûr côtoyé très vite « l’Olympia », dont je suis adhérent depuis de longues années. J’y ai vu de magnifiques spectacles, d’autres qui m’ont moins touché, j’y ai rencontré des gens très attachants, et j’ai souvent répondu présent aux propositions destinées aux adhérents : ainsi j’ai participé aux « rencontres du mardi », à « l’atelier écriture » de Léa Toto, à plusieurs stages de jeu théâtral avec des metteur(e)s en scène, dont un week-end avec Laurent Gutmann et une semaine inoubliable avec Caroline Guiela Nguyen ; et quand Karin Romer a proposé des rôles de figurants sur le plateau à Tours, je n’ai pas hésité : avec d’autres, j’ai gardé des souvenirs très forts de ma participation sur scène à Vader du collectif Peeping Tom, et à Ça ira (1). Fin de Louis de Joël Pommerat, spectacle auquel  j’ai eu la chance de participer à nouveau à l’été 2019 au théâtre de La Porte Saint-Martin à Paris.

Je vais régulièrement assister à des pièces montées et/ou jouées par des ami(e)s comédien(ne)s dans la région, tant la production des troupes est riche en Touraine. J’assiste de temps à autre à des spectacles à Paris, je lis beaucoup de textes ou de livres sur le théâtre, et depuis ma retraite je n’ai raté aucun festival d’Avignon, où je baigne avec volupté dans la frénésie de ces rencontres toujours pleines de surprises ; j’y croise avec plaisir Jacques Vincey, François Chaudier, Karin Romer, Léa Toto, Claire Tarou, et toutes celles et ceux qui font vire le CDNT ; ainsi que des comédiens amis qui se produisent là-bas, comme Claude Gallou ou Alain Leclerc.

Je me suis souvent demandé d’où me venait cette envie d’être sur scène… en dehors d’un narcissisme assumé ! De ce besoin de se glisser dans les passions ou les tourments d’un autre, de ressentir ces secondes vertigineuses qui précédent l’entrée en scène, de se mettre à nu devant des  spectateurs dont la bienveillance n’atténue pas le trac, de goûter ce bonheur et cette fatigue partagés avec mes frères et sœurs de planches ? Freud, au secours ! On peut aussi écouter Laurent Terzieff : « Ce que nous attendons tous du théâtre, c’est la révélation de cet autre qui gît au plus profond de nous-mêmes, plus nous-mêmes que nous-mêmes, et cependant inconnu».

Philippe Carré

VIE DU T°

L’ATTACHEMENT – 8
L’ÉQUIPE

Depuis 15 ans, je fais des photos au Théâtre Olympia.
J’ai développé un attachement pour ce lieu que je vais tenter de vous raconter.

Marie Pétry

Photographe professionnelle spécialisée dans les photos de théâtre et de danse, Marie Pétry travaille régulièrement avec de nombreuses structures culturelles tourangelles.
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JOURNAL DE CRÉATION

MONUMENTS HYSTÉRIQUES – 6
Rencontre avec Vanasay Khamphommala

Monuments hystériques, ça parle de quoi ?
Autour d’un piédestal vide, en moins d’une heure, cinq personnes doivent créer et inaugurer un monument en résonance avec l’espace. 
Leur objectif : inscrire dans nos mémoires le moment qui nous réunit, ici et maintenant. Mais quand l’histoire des lieux s’en mêle et que d’étranges phénomènes font leur apparition, l’hystérie monte et menace le projet commun…

Monuments hystériques est un spectacle de Vanasay Khamphommala, artiste associé au Théâtre Olympia, dont la création était prévue le 28 mars 2020, à l’occasion de la 5ème édition du festival WET°.

Plus d’infos sur le spectacle ici
Plus d’infos sur Vanasay Khamphommala ici

HISTOIRE D’UN OBJET D’APPARTEMENT (8)

UNE CRÉATION DE TAMARA LIPSZYC
COMÉDIENNE DE L’ENSEMBLE ARTISTIQUE DU T°

Jour 42 : une histoire de vide…

Chaque jour je me familiarise avec les objets qui peuplent mon quotidien.

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