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résidence mission : « le début »

Pendant toute l’année scolaire 2020-21, les classes de 4ème et de 3ème du collège de Ligueil et les jeunes artistes du T° ont interrogé ensemble les mythes de l’apparition de l’humanité (anthropogonie), dans le cadre d’une résidence d’Education Artistique et Culturelle[1].

Comédien.nes et techniciens ont travaillé avec les élèves pendant 5 semaines de résidence au cours desquelles se sont mêlées la recherche et la pratique. Pendant chacune de ces semaines, les 200 élèves ont participé en petits groupes à 2 ateliers de 2 heures. À partir des nombreux mythes qui racontent la naissance de l’être humain, les comédien.nes ont proposé aux jeunes de nombreux exercices et jeux : de la sophrologie à l’improvisation en passant par le chant, les jeunes développent, individuellement et collectivement, leur maîtrise du corps, du mouvement, de la voix, de l’écoute, ou encore du rythme. Ces outils d’expression ont été réinvestis par les jeunes pour éprouver leur créativité en inventant, en écrivant et en jouant leurs propres histoires anthropogoniques. 

Quelques mythes anthropogoniques

Une trentaine de mythes ont été proposés aux élèves, comme autant de sources d’inspiration pour le travail réalisé toute l’année. En voici quelques-uns :

Peuple Kamoro / Papouasie
« Le monstre qui a dévoré toute l’humanité fut tué par le fils de la seule survivante. Celui-ci le découpa en morceaux. C’est de ces morceaux que naquirent les humains. »

Mythologie scandinave
« Alors que les fils de Bor marchaient le long du rivage de la mer, ils trouvèrent deux arbres. Ils les relevèrent et façonnèrent deux humains. L’homme fut appelé Ask (frêne) et la femme Embla (orme). »

Peuple Quileute / Amérique du nord
« La première humanité est issue de l’union des animaux qui ont occupé la terre initialement avec des étoiles tombées du ciel à la suite de la guerre entre terrestre et céleste. »

Texte écrit par une élève de 4ème C en atelier d’écriture, avec les professeures de français :

Transcription d’une improvisation collective, 3ème A

« La terre était vide et les Dieux et les Déesses s’ennuyaient. Pour se distraire, ils ont conçu des créatures avec 12 jambes et 3 yeux. Puis, au fur et à mesure, ils les ont ajustées jusqu’à ce qu’elles deviennent des êtres humains. Les Divinités du feu ont par exemple brûlé les membres inutiles, tandis que les Divinités de l’eau ont ajouté du liquide dans le corps. Le cerveau peut ainsi flotter dans l’eau, à l’abri dans le crâne.
Les larmes sont faites pour dire nos émotions.
Les dieux ont aussi créé les poulets et les zèbres. Les autruches ne sont pas encore satisfaisantes.
Les dieux ont besoin des hommes pour ne pas s’ennuyer.
Ils connaissent les prénoms de tous les êtres humains.
Ils ne savent pas se servir d’un ordinateur, aussi sont-ils très fiers des humains qui savent le faire. »

Ce travail avec les élèves est venu nourrir la création d’un spectacle par les jeunes artistes, Le Début.
De retour du collège, au cours de 4 semaines de travail au Théâtre Olympia, les comédien.nes en ont assuré la dramaturgie, la mise en scène et le jeu, en collaboration avec les deux techniciens, créateurs son et lumière.

Ce spectacle, qui raconte l’histoire d’une troupe de théâtre qui tente de mettre en scène les naissances mythiques de l’humanité, après avoir tourné dans les collèges de Ligueil, de Montbazon, de Saint-Avertin, de Descartes et de Tours, jouera du 22 au 24 juillet au Théâtre Olympia , dans le cadre de « L’Eté d u T° ».

En commençant les ateliers avec les 4èmes et 3èmes, nous ne savions pas quels seraient les liens entre ces ateliers et le spectacle à venir.
Le Début parle de ce besoin essentiel à l’humain de raconter et d’écouter des histoires. Et c’est précisément ce que les comédiens et les élèves ont fait cette année : écouter et raconter des histoires, dans l’urgence, le doute, la joie, le rire, les errances et les fulgurances, dans la découverte de soi-même et des autres. Le Début, c’est aussi l’histoire des ateliers au collège de Ligueil.


[1] Ce dispositif de résidences d’artistes dans des collèges ruraux, appelé « résidence mission », est proposé par les services de l’État (DRAC Centre – Val de Loire, rectorat de l’académie d’Orléans Tours et la DSDEN 37), l’Université de Tours et le Conseil départemental d’Indre-et-Loire. Ces résidences sont co-construites et mises en place sur un temps long par une structure culturelle et un collège en lien avec son territoire (ici la Mairie de Ligueil, que nous remercions chaleureusement pour son soutien actif et généreux).


Crédit photos : Marie Pétry
www.mariepetry.com

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