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ÉDITO

dans le titanesque et inextinguible combat entre les ennemis inséparables que sont Éros et Thanatos, il est sain et tonique de prendre le parti d’Eros.

Edgar Morin

 

 

 

Ces derniers mois ont été nourris de tentatives – humbles mais exigeantes – de nous confronter à l’inouï et l’inédit, de donner forme et consistance au chaos. Le T° a fermé ses portes mais ouvert une fenêtre digitale sur les propositions de l’ensemble artistique : autant de sursauts créatifs, d’expérimentations de nouveaux usages pour faire face à l’imprévisible.

 

Aujourd’hui la vie reprend son cours : les premiers spectateurs ont pu à nouveau assister à quelques représentations exceptionnelles et le plaisir de nous retrouver « en chair et en os » est intense. Mais nous savons tous que ce que chacun a traversé constitue le terreau de mutations profondes.

 

La saison à venir est sous-tendue de lignes de force qui s’imposent comme autant de symptômes d’une inflammation des consciences et d’une nécessaire reconfiguration de notre réalité.

Les grands récits fondateurs (Moby Dick, Rémi, Jeanne Dark) font écho à des préoccupations spirituelles (La réponse des Hommes, 3 Annonciations), à des questions sociétales (Kadoc, Bleue, Normalito, Le Garde-fou), à des plongées historiques (Condor, How deep…, A Bright Room…), mais aussi aux émotions primaires (Seul ce qui brûle, La Gioia, Écho) et aux errances de l’âme humaine (Les Serpents, Monuments hystériques, Les Bonnes, Insoutenables…).

 

Chacun de ces spectacles est un kaléidoscope composé de fragments de tous les autres mais leur enjeu commun est de saisir et révéler notre humanité irréductible lorsque nos valeurs et croyances s’effritent et se dissolvent dans l’incertitude. Le théâtre est un champ magnétique qui amplifie les vibrations : il exacerbe notre lucidité, renforce notre vigilance et nous encourage à envisager le monde autrement.

 

Jacques Vincey

18 juin 2020